Le frein de langue est une anomalie du développement embryonnaire, il ne sert à rien dans le corps.
Lorsque la langue et la bouche du bébé se développent dans le ventre de la maman, la langue est d’abord collée au plancher de la bouche. Puis un processus vient libérer cette langue du plancher et s’assurer qu’elle soit libre, dissociée.
Parfois, un tissu sur la ligne centrale fait que la langue reste en partie collée au plancher de la langue, il s’agit du frein de langue. Selon l’insertion du frein de langue on parle de frein de langue de type 1 ou 2 (frein antérieur) ou type 3 ou 4 (frein postérieur).
Derrière un frein antérieur se trouve toujours un frein de langue postérieur. Ce frein de langue est un fascia, un tissu inextensible. Malgré les massages et les exercices, il ne s’étirera jamais c’est pourquoi il convient parfois de le couper.
Il existe aussi des freins de lèvres et de joues, on parle alors de freins restrictifs buccaux.
Evaluation du frein de langue
Il convient déjà de toujours faire évaluer le frein de langue par un professionnel formé aux freins restrictif buccaux. Le professionnel doit vous poser des questions, regarder le visage, l’extérieur et l’intérieur de la bouche, mettre ses doigts dans la bouche du bébé ou de l’enfant/adulte.
Une évaluation de frein de langue ne peut pas se faire uniquement par photo ou sans mettre les doigts dans la bouche.
Il faut bien comprendre que chaque frein, chaque cas est différent.
Il existe des symptômes types mais qui peuvent varier à chaque fois et avec le temps chez le bébé notamment.
Parfois on peut avoir l’impression qu’il n’y a pas de restriction et en faisant les massages dans la bouche, un frein postérieur caché apparait. C’est pourquoi il est plus prudent de faire faire l’évaluation et le suivi en plusieurs séances ou en pluridisciplinaire donc avec plusieurs professionnels formés aux freins (consultantes en lactation, orthophoniste, chiropracteur, ostéopathe, sage femmes etc).
Les symptômes qui peuvent être en relation avec des freins restrictifs buccaux sont : douleurs ou crevasses à l’allaitement, lait qui coule sur le côté de la bouche lors des tétées ou prise du biberon, langue qui claque lors des tétées ou prise du biberon, hoquet très fréquent, régurgitations importantes ou reflux persistant, coliques et/ou gaz douloureux, bébé qui pleure beaucoup et qu’on a du mal à calmer, bébé qui a un sommeil très hachuré, il se réveille à outrance la nuit toutes les 1-2H ou micro siestes la journée.
Le frein de langue vient perturber la succion et la déglutition du bébé. Le problème sera en premier lieu visible chez des bébés allaités, masqué le plus souvent chez des bébés nourris au biberon. Mais en réalité le frein de langue est avant et surtout un problème de système nerveux.
Il ne permet pas une bonne régulation du système nerveux du bébé qui est à ce moment là par ailleurs immature.
Le système nerveux est alors beaucoup trop en mode « alerte, danger », le réflexe de MORO peut-être trop réactif, trop sensible.
Le frein de langue ne permet pas une bonne élévation de langue ni une bonne respiration nasale. La respiration nasale est physiologique et la plus optimale pour tous.
Lorsqu’on dort, lorsqu’on ne parle pas, nous devrions tous avoir la bouche fermée et la langue plaquée au niveau du palais, cette langue devrait faire pression.
Lorsque votre enfant dort la bouche ouverte et ronfle, cela met en « stress » le système nerveux, et perturbe la régulation du système vagal ou parasympathique.
Cf Article Comment réguler son système nerveux.
Si le frein de langue est identifié et coupé tôt (avant 6 mois) cela permettra d’optimiser le développement neuromusculaire et psychomoteur de votre enfant.
On pourra alors éviter des scolioses, maux de tête, insomnies, anxiété chronique, apnée du sommeil, TDAH, problèmes dentaires, hypertension, diabète, obésité.
Les conséquences possibles sont très variables puisque le déséquilibre du système nerveux ouvre la porte à beaucoup de dysfonctionnements ou maladies possibles.
La freinectomie (l’acte de couper le frein de langue dans son entièreté au laser) est un acte qui lorsqu’il est bien préparé, accompagné est indolore et ne présente PAS de mauvaise conséquence. Le bénéfice/risque est donc très favorable.
Par contre il convient de faire des exercices, massages, et de faire un suivi adéquat avec des personnes bien formées sur les freins restrictifs buccaux.
La freinectomie est néanmoins un acte pour lequel il faut réfléchir, discuter en famille, s’investir pour le papa et la maman, prendre conscience de l’investissement en terme de temps et d’énergie (faire les exercices tous les jours et plusieurs fois par jour), ce qui peut être très (trop) lourd pour une maman qui n’est pas soutenue par le coparent et déjà dans un état de fatigue et vulnérabilité émotionnelle post accouchement.

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